Obtenir un crédit immobilier en tant qu’intermittent du spectacle

Intermittent du spectacle : les solutions pour concrétiser votre projet d’achat immobilier

    Le régime d’intermittent du spectacle est souvent synonyme de précarité aux yeux des banques. Par conséquent, obtenir un crédit immobilier pour financer l’achat d’un logement s’avère plus compliqué que pour un emprunteur justifiant d’une situation professionnelle stable. Bien que cette mission soit délicate, elle n’est cependant pas impossible, car des solutions existent. Du montage du dossier à l’assurance de prêt immobilier, Luko vous livre ses meilleurs conseils pour parvenir à concrétiser votre projet.

    Pourquoi les banques sont-elles frileuses ?

    Le statut particulier d’intermittent du spectacle

    Par définition, les intermittents du spectacle sont des salariés qui alternent des périodes d’emploi (CDD dits d’usage) et des périodes non travaillées (chômage). Techniciens ou artistes, ils peuvent exercer leur activité dans le domaine audiovisuel (cinéma, télévision) ou le spectacle vivant (théâtre, danse, opéra, arts du cirque, arts de rue, etc.).

    Contrairement aux salariés en CDI qui bénéficient de revenus stables, leur situation considérée comme précaire par la majorité des établissements bancaires rend l’obtention d’un crédit immobilier difficile.

    Un profil considéré à risques par les banques

    Souscrire un crédit immobilier n’est pas anodin tant par les montants en jeu que par la durée d’engagement. C’est la raison pour laquelle les banques sont réticentes à financer des personnes qui ne sont pas en mesure de justifier de ressources fixes et régulières. En effet, pour calculer la capacité d’emprunt et le taux d’endettement autorisé dans le cadre d’un emprunt immobilier, les banques s’appuient avant tout sur les revenus mensuels de l’emprunteur.

    Essayez dans la mesure du possible d’emprunter une somme raisonnable et cohérente avec vos rentrées financières. Cela facilitera grandement l’acceptation de votre dossier.

    Votre statut n’est pas l’unique élément pris en compte par les banques lors de l’étude votre dossier. La stabilité de votre activité, mais aussi le dynamisme du secteur dans lequel vous exercez, jouent également un rôle important dans le cadre de votre demande de prêt. Cela s’avère d’autant plus vrai compte tenu de la crise sanitaire que nous venons de traverser.

    Dans ce contexte, les organismes bancaires étudient chaque situation au cas par cas de façon globale : profession exercée, structure dans laquelle vous évoluez, type de contrats proposés, rémunérations du secteur, etc. Par exemple, un acteur payé au cachet rencontrera plus de difficulté qu’un technicien employé par une grande chaîne de télévision.

    Vous souhaitez recevoir nos conseils et bons plans ?

    Inscrivez vous à notre newsletter pour recevoir le meilleur de Luko dans votre boîte mail.

    Intermittents : nos conseils pour obtenir un prêt

    Rassurez-vous, il est toutefois possible de souscrire un crédit immobilier en présentant un dossier bien ficelé et en apportant certaines garanties. Voici quelques conseils pour mettre toutes les chances de votre côté.

    • Mettez en avant la pérennité de votre activité : justificatifs de vos contrats de travail sur les 3 dernières années, avis d’imposition, fiches de paie, ancienneté dans le secteur, etc.
    • Prouvez le dynamisme de votre secteur d’activité (offres d’emploi, performances du secteur, croissance, etc.).
    • Apportez la preuve de votre rigueur dans la gestion de vos comptes : relevés bancaires présentant un solde positif (sans incidents de paiement ni découverts), capacité d’épargne mensuelle, etc.
    • Visez un montant de mensualités équivalent à votre loyer et fournissez vos dernières quittances pour prouver que vous êtes capable de rembourser une telle somme chaque mois.
    • Justifiez d’un apport personnel conséquent, dans l’idéal supérieur à 10 % du montant de l’emprunt envisagé.
    • Si vous êtes en couple avec une personne bénéficiant d’une situation professionnelle plus stable (CDI), empruntez à deux et mettez en avant le profil de votre co-emprunteur.
    • Apportez des garanties complémentaires pour rassurer la banque : caution d’un organisme ou d’un tiers, gage sur vos biens meubles personnels (bijoux, voiture, mobilier, etc.), nantissement (sur des parts sociales ou des droits d’auteur), hypothèque, etc.
    • Domiciliez vos revenus auprès de votre établissement prêteur pour bénéficier d’offres avantageuses et le tranquilliser quant à vos sources de revenus.

    Attention, si vous ne pouvez pas justifier d’au moins 3 années d’ancienneté en tant qu’intermittent du spectacle, obtenir un prêt s’avérera délicat, voire irréalisable.

    Les prêts aidés pour les intermittents

    Si vous rencontrez des difficultés pour obtenir un prêt immobilier classique, vous pouvez vous tourner vers les prêts conventionnés. Sous conditions de ressources, il est possible de bénéficier d’un prêt aidé comme :

    • le PTZ : il s’agit d’un prêt sans intérêts qui permet de financer l’achat d’une première résidence principale en complément d’un ou plusieurs crédits immobiliers ;
    • le PAS : le prêt d’accession sociale accordé aux personnes percevant des revenus modestes vise à faciliter l’accession à la propriété (pour l’acquisition d’une résidence principale) ;
    • le prêt Action Logement : il permet aux personnes éligibles de bénéficier d’un prêt à taux réduit pour acheter sa résidence principale : logement neuf, construction ou logement ancien HLM.

    Si vous résidez dans la capitale et que vous souhaitez acquérir un bien dans Paris intra-muros, le Prêt Paris Logement (PPL 0 %) constitue une autre alternative intéressante.

    Assurer son prêt

    Facultatif mais quasi inévitable

    Bien qu’elle ne soit pas obligatoire, l’assurance emprunteur est presque toujours exigée par les organismes bancaires pour sécuriser le remboursement des échéances de prêt. En effet, c’est elle qui prendra le relais de l’emprunteur en cas de décès, d’invalidité, d’incapacité et/ou de perte d’emploi. Par conséquent, si vous souhaitez souscrire un crédit immobilier, vous ne pourrez y échapper, particulièrement en tant qu’intermittent du spectacle.

    L’estimation du risque via un questionnaire

    Compte tenu du caractère instable et/ou risqué de votre profession (artiste, technicien, acrobate, régisseur, cascadeur, etc.) l’assureur peut décider d’appliquer une surprime. Il est d’ailleurs courant que celui-ci vous fasse remplir au préalable un questionnaire sur vos conditions de travail afin de déterminer le risque encouru :

    • Déplacez-vous régulièrement des charges lourdes ?
    • Avez-vous déjà été victime d’accidents corporels ?
    • Travaillez-vous avec des animaux dans le cadre de vos spectacles ?
    • Êtes-vous amené à réaliser des cascades ?
    • Etc.

    Après analyse des réponses apportées, l’assureur ajustera sa proposition en fonction du risque estimé. Ainsi, il est possible qu’il augmente le montant de la cotisation ou qu’il exclut certaines garanties : décès, invalidité, perte d’emploi, etc.

    Les solutions en cas de refus d’assurance

    Dans le cas où la banque refuserait de couvrir votre prêt, vous avez la possibilité de faire appel à une assurance externe via la délégation d’assurance. Cette solution souple et souvent moins onéreuse vous permettra de négocier plus facilement les conditions de votre contrat.

    Pour vous aider dans cette démarche, nous vous conseillons de vous faire accompagner par un courtier, de préférence spécialisé dans les profils particuliers. Que ce soit pour constituer votre dossier ou le défendre, son expertise vous sera sans aucun doute d’une grande aide.

    Cet article a été confectionné avec beaucoup de soin et d’attention par nos experts afin de vous offrir un éclairage sur le monde de l’assurance. Néanmoins, celui-ci n’a pas vocation à se soustraire aux conseils de professionnels juridiques et immobiliers.